03 juillet 2008

Au kazoo

Elle est revenue de la gare.
Dans ce train, elle s'était sentie clandestine, tordue sur ses deux sièges, tête reposée sur son sac ridiculement petit.
Elle aurait aimé arriver n'importe où, retrouver n'importe qui, passer la nuit dans ce train à laisser les paysages filer.
Pas de remords, simplement des regrets. Toutes ces promesses écrites du regard, et gommées si vite, si brusquement par quelques mots. Quelle farce. Tout ceci s'était fait proprement, sans lâcheté, sans questions, sans traces. Oui, à la maniète d'un véritable meurtre, finalement.

Il y a des mois comme ça, qui sont des mois de merde.


Dans cette cuisine crasse, je m'amuse de voir ces gens s'étonner chaque fois des pluies qui battent les carreaux. Après le mépris, j'ai cette envie irrépressible, moi aussi, de m'étonner, de jouer la stupéfaite, pour rien, en fait. Pour le plaisir du commun, des banalités. Et puis alors, d'un jeu, c'en devient un plaisir, puis une passion, un besoin. Celui de regarder cette nature, la figer, la magnifier. L'écouter, s'échapper.

Finalement, c'est excitant, deux destins qui bifurquent.
Le plaisir qu'un enfant à a faire sans lasse ces châteaux de sable minables, il n'est que dans ce moment si court, si féroce et barbare où l'on détruit tout, bam, d'un coup de pied sadique, c'est ça, le meilleur. Construire pour déconstruire, finalement. Le plaisir de se mettre à l'épreuve, d'être son propre ennemi et de faire mieux la fois suivante. 

20 février 2008

Neuf personnes sur dix aiment le chocolat ; la dixième ment.

L'homme est un être de désirs, et pourtant, je cède toujours à la raison. Je ne sais plus comment penser ma vie. Toute une nuée de pensées m'envahit ; je n'ai n'ai jamais pensé aussi vite, aussi intense. C'est une véritable course, un affrontement entre désir et raison. Je n'ose pas m'écouter, m'attache à me contredire. Je ne crois pas aux sens. Ou plutôt, je me convainc qu'ils me trompent.
Alors ce serait cela grandir, tenter desespérement de joindre sa personne, d'en faire une unité ; et pourtant, on passe nos journées à simuler l'harmonie complète, l'entente absolue avec nous-même ; avec nos grands sourires et nos déblatérations mensongères. Alors j'ai cru quon pouvait au moins, faute de s'entendre avec les autres, s'accorder avec soi-même. Mais je suis moi-même en contradiction avec moi-même. Il y a des tueries, des massacres dans mon être.



 

30 janvier 2008

"Or le prodigieux est agréable ; j'en donne pour preuve que tous, lorsqu'ils font un récit, en rajoutent toujours, pour produire du plaisir" Aristote

74388e674d707f0eb9c4dcb6565326d4.jpgQue rien n'ai de cause et le monde aussitôt apparait prodigieux. Pourquoi les photographies d'instants sont-elles les plus fascinantes ? Pourquoi un tel malaise devant le réel ? Vivre dans son temps, accepter ses surplus ambitieux, héritage d'un formatage éducatif, ou nier, faillir, et pencher pour ses idéaux frustrés ?  Il n'y a ni non-sens, ni absurde. Tout cela n'est qu'affabulation humaine, un pretexte pour tuer la raison et mettre nos sens et désirs au pouvoir.

 


 

16 décembre 2007

Doctrine éphémère

Ma vie est gonflée d'incohérences, je suis constamment portée vers des chemins contradictoires. Je me sens baladée contre mon gré de vies en vies, de perceptions en perceptions, de gens en gens, sans savoir pourquoi, comment. J'ai l'impression d'être un monstre à mille yeux, et ça c'est super cool. OU pour faire plus simple, j'ai la sensation de faire un kilomètre de taille (non, non, pas en largeur), forcément, ça élargit la perception des choses et des gens. Mais tout a son effet pervers, et la contrepartie de cette polyvalence, c'est la volatilité, l'éphémère. Je suis une sorte d'oiseau qui voit tout sans construire de nid, nulle part. En fait, ma vie est, comme je la perçois, sublime et angoissante à la fois.

Je ne pensais pas que l'amour pouvait demeurer si vif malgré et contre les déchirures du temps. Je ne pensais pas non plus, qu'il pouvait demeurer insoupçonné, et n'être le fait que d'années passées ensemble, de douleurs communes, de joies, aussi. Je ne pensais pas que je l'aimais autant, sans le vouloir, sans le croire, que rien n'effacerait nos coeur communiants. Elle.

03 décembre 2007

My blueberry Nights

Se noyer dans le temps, le perdre et le repêcher. Enfin trouver un sens à tout, ou à rien. Comprendre pourquoi nous agissons sans même plus penser, sans rien plus écouter de nous, sinon le tambour social. Le pendule, dans son mouvement strict, nous appelle toujours à refouler nos instincts. Quel mépris pour nos personnes.
Pourquoi nie-t-on farouchement religieusement la passion ?

Mercury Rev / Catpower / J. Timberlake / Beethoven
Vous savez tout maintenant.

29 novembre 2007

Orchestre sentimental


Et pourquoi pas les crins d'un archet rugueux sur un piano en desuétude ?
And why not hairs of a rough violin bow on a disuse piano ? 

Le noir d'une matinée encore jeune dans Paris. Une journée encore nue ; l'horizon immobile que seules quelques volutes de fumée crachées par les toits de Paris animent. Le monde dors encore et tel un bébé assoupi, il exerce cette attraction mystérieuse sur moi, avec son aube rosée. J'ai envie de le regarder silencieusement, en courbant ma bouche proche du sourire, et c'est justement dans ce soupir que j'ai envie d'embrasser l'humanité, de l'étreindre dans son silence ...

***

[Dans la vie, tu as ceux qui savent positiver, et les incapables. Moi je suis du second lot, de ceux qui s'engourdissent de pessimisme. Pire même, je suis plus paradoxale que quiquonque. Ce qui est supposé me réjouir m'endors, et ce sont les petits détails insignifiants, en apparence, qui me réveillent, qui excitent mon enthousiasme. Je suis de ceux, oui, qui se laissent (a)battre par la routine et par le froid, qui n'ont pas la force de ceder à la tentation, ô combien grande, de geindre. I'm a looser. Cette petite voix de merdeuse qui n'est jamais contente, qui n'est pas foutue de voir que tout lui sourit, ce regard larmoyant d'enfant choyée, et cette bouche assechée par un flot indescent de plaintes. Que je suis conne des fois. ]

Les semaines à venir s'anoncent sucrées.

04 septembre 2007

L'enfant-roi

Les gens ont la ridicule manie de sourire niaisement ou hypocritement à tous être d'un âge inférieur à 9 ans dans tout lieu public quel qu'il soit. Mais sachez-le, je ne cèderais pas à ce rite, je-hais-les-mômes.

Notez par ailleurs que dans les cas les plus desesperés, le sourire s'accompagne d'une remarque et de deux questions :
- Qu'elle (il) est mignon(ne) !
- Comment s'appelle-t'il(elle) ?
- Quel âge as-tu ?
Les mêmes rites langagiers se retrouvent au sujet d'un Chartreux ou d'un Labrador. Trouvez l'erreur.