25 janvier 2008

Les pieds sales

La pièce est vide. Une table en vieux bois vulgaire, nuée de tâches graisseuses indistinctes et polie par le temps. Un mur dépeint, dont le jaune a viré au blanc, un mur criblé de trous assassins. Le parterre cimenteux laisse des particules de craie sur mes pieds sales. Il fait froid. La chaise voit son chassis peu à peu dénudé par une paille qui s'use. Et cette fenêtre qui donne sur le vide.

Un soleil d'une intensité rare réchauffe ma chambre et lui redonne une lueur jaune qui me fait penser aux boutons d'or du jardin de mon enfance. Cette pièce et un sourire. Ni corps, ni membres, ni yeux ; juste un sourire qui circule avec une fluidité ectoplasmique dans celle-ci. Semblable à celui du chat d'Alice.

Mon pays des merveilles est ce sourire et ce rayon de soleil. Mon utopie : le vide. Une journée sans besoin. Une journée de rudimentaire. Quelques gorgées d'eau, des fruits, des rayons de soleil et lui.
Nus, avec un coeur qui bat, et cela seul pour se savoir Hommes.

J'ai juste envie d'oublier le monde, pour ne pas m'avouer que je vous deteste. 

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 oiseux, vain, inutile, innéficace, stérile, futile, chimérique, illusoire, insignifiant, infructueux, inopportun = Superflu. Les dictionnaires des synonymes sont parfois très éclairants.

 

 

 

 

[...] 

23 novembre 2007

Pensées.

La femme doit se dorer pour être adorée. Dixit M.Foufou

Les artistes élargissent notre perception. La nôtre est utilitaire, au service de la vie et de nos actions car, avant de penser, ne faut-il pas agir ? Or l'action se fonde sur le moment opportun, le kairos et necessite des repères. Finalement, ce sont ces contraintes de temps et d'espace qui nous resteignent, et ce que nous perdons sur le plan de la connaissance, nous le gagnons en efficacité.
Les mots sont principalement à l'origine de ces repères qui nous rassurent et nous orientent. Ils classent les choses, les organisent en genre. Les noms communs sont donc par essence généraux. Mais la réalité des choses est qu'elles sont toutes uniques et singulières. Le langage est donc au service de nos besoins, mais est faussé par son aspect restrictif. Les mots nous donnent cette cohérence et cette rigueur. Ils viennent renforcer ce voile que l'artiste se veut soulever : il est ce revelateur qui parvient à exprimer la richesse des choses. L'art dévoile notre vie intérieur et les vérités exterieures. Il ne les invente pas, il ne les imite pas, il les rend transparentes. Les poètes n'ont pas inventé l'amour. Nous avons préalablement une conscience obscure et confuse de ces réalités ; sa tâche, à l'artiste, est de nous en faire prendre pleinement conscience et dans leur vérité profonde.
(je suis persuedée que celà vous rappellera qqch. La philo est obsédante.)

Deçà quelques semaines, j'évoquais cette marchandisation à laquelle seule le temps me semblait échapper. Souvenez-vous ... Eh bien, la société de valets (A. Gorz) qui se developpe de manière croissante (service aux particuliers) se revèle mettre en doute ce la, puisqu'elle consiste en l'achat de temps d'autrui !

11 novembre 2007

My boyfriend is like anyone.

Parfum exotique. On ne l'a jamais autant respiré que dans l'air du quotidien. Il n'y a rien de plus exotique qu'un banal rayon de soleil dans les lieux qu'on parcoure en semant régulièrement des traces de pas humides, parapluie en main, et la mine dépitée par le ciel grisâtre de la routine. Les plus beaux moments sont ceux de la solitude. Ceux où la pensée prend le dessus. Où l'on prend conscience de la beauté des chose et d'êtres. Et puis il y a cette simplicité, cette franchise qui étonne, ces paroles qu'on ingère sans mal, parce qu'elle sont couplées de rires à se tordre, de rires plus humains, plus necessaires et vitaux que tout. Les flots de paroles, de petites corolles qui chatouillent nos âmes ; une ombre avenante, voire amicale, et les voilà sublimées.

La solitude hivernale s'installe, rythmée par quelques soirées de fous rires. "Re-POSE le Totem Dianne. Repose le totem. PUTAIN tu vas le reposer oui ??!!! " "Sympa Fanny, ta danse du totem".  "I comme ? immoral ? Ah nan, moi j'aurais dis itoris". "Un car de singes? C'est quoi ça ?"  

L'angoisse de la Playlist, qui est un condensé humain, ces notes qui régissent notre mince quotidien. Une harmonie vibrante, qui suffit à nous rappeller des mois entiers. L'Ipod est la pensine du monde moderne qui nous permet de nous embuer de reminescences, de rejoindre jusqu'à notre jeune adolescence, la vie écoulée, le temps passé et regretté.

(Ou quand l'expression "adorer" prend tout son sens ... )


Patrice, Sunshine 

 

20 août 2007

Sat naked on the beach

What I want by fire - Bob Sinclar

Les bras croisés sur sa poitrine offraient à ses mains gelées deux hanches rondes auquelles s'agripper. Son corps avait comme diminué, et telle la foule qui s'étouffe et s'atrofie pour assister au spectacle, lequel elle espère satisfaira son besoin d'engouement et fera jaillir en elle ce cocktail d'émotions dont elle a perdu la recette, ses membres s'écrasaient les uns les autres, tous joints sur les quelques centimètres plans d'abdomen rejetés sous sa poitrine. Elle avança dans la gare vide, emplie d'un air glacial. Sa gorge était, à l'échelle sociale, l'élement de sacrifice qui se laisse mutiler, par cet air froid et déchirant qui s'introduisait en elle chaque fois que ses poumons le réclamaient. La solitude, l'hostilité du climat, et ses membres engourdis ne tardèrent à chanceler. Et déjà, un sentiment de bien-être s'empara d'elle, elle tressaillit. Une anodine scène de froide matinée d'hiver, et tout un corps réunissait à lui seul le panache d'émotion que l'homme cherche trop ailleurs. Ses pieds gelés la firent s'asseoir sur un vieux banc ; elle vit arriver unes à unes les paires de jambes raidies qui traversaient ce quai de gare bitumé. Alors que son regard s'éleva jusqu'a voir les visages qui accompagnaient ces tristes articulations, elle songea combien leur perception était infirme pour qu'ils fussent si dénués d'enthousiasme. Ces mines moroses l'emplissaient de joie et réchauffaient ses sens, et plus les minutes, rythmées par ce défilé de pantins aigris, s'écoulaient, plus elle sentait en elle s'intensifier ce flot de sentiments dont l'explication ne se trouve pas, et qui suffisent à réchouffer un corps. Son regard s'éveilla, contrasta avec ses membres flétris et froissés, il prit une expression qu'on pu qualifier de méprisante, fière ou suffisante ; mais qui n'était qu'incarnation de l'intelligence, elle relevait de celle de l'artiste qui cherche encore à comprendre et qui n'est jamais repu de savoir, qui voit le monde dépouillé de toute emprunte sociale, sans sens sinon celui que nos sens lui donnent. Et puis, précédé de cette voix féminine nasillarde priant de ne pas s'allonger sur les rails que personne n'écoute, le train fit cette entrée imposante, qui a toujours l'air de surprendre ceux qui l'attendent, comme si, en quelques instants, la raison de leur présence s'était déjà perdue ; on s'y hissa, les corps se réanimèrent, le temps retrouva sa vitesse usuelle étouffée par le froid glacial et chacun repris ses habitudes nonchalantes, ces petits codes qui nous font oublier que l'ont obéit aux lois du quotidien, qu'il nous a noyé dans son poison et volé nos passions.

 Comme si rien n'avait existé. Les rires sonores s'étouffent, ces sorties d'écoles, cette admiration déjà si lointaine ... Moi qui venère tant le passé, moi qui l'ai tant revisité. Comment peut-il m'échapper. Tout mon être est honteux. Tuer le temps, oui, mais tuer le passé ? C'est un supplice de Tantale que de pouvoir goûter au temps d'un être aimé mais de s'en voir privé avant même qu'il n'ai pris ce goût et cette substance que donne l'âge. Comme si rien n'avait jamais existé. Comme si ses joues rondes et ses dents du bonheur, je pouvais les oublier. Et j'ai songé que moi aussi, j'aurais 18 ans. Tous ces anniversaires qu'ils a oublié. Le jour le plus important dans le coeur d'un enfant, rayé, effacé. 17 ans de vie, et 4 ans qu'il aura oublié sa racine, son petit coeur, son chouchou, sa fille. Et un chiffre s'est heurté à mon encéphale glacée. 10. 10 mois. 300 jours. 300 jours putin, que je l'ai perdu. Mon géniteur, 300 jours que je ne l'ai pas vu sourire, 300 jours que je ne le vois plus m'aimer. 300 jours, et j'ai perdu ma moitié. 300 jours, parce que je l'avais trop aimé.

 Monaco3, soon ..

13 juillet 2007

Mark Ronson - Stop me

Cette mélodie étouffée, mais puissante. Encore, oui. Amalgame de nostalgie et de merveilleux. Pléonasme ? Un sentiment de nostalgie porte inéluctablement une part de merveilleux. L'homme fantasme sur son futur. Il se noie dedans. Tel Picsou dans sa piscine si particulière, l'homme ne craint plus ses désirs. Parce-qu'ils sont futur. Que suis-je alors pour aimer le passé et pour placer mes désirs dans un contexte présent ? Cet air me transcende. Il me rappelle un idéal. Ses pas, son assurance, son charme. A mourir. Aristote prétendait que l'incroyable de l'homme tenait en le fait qu'il était constitué de trois âmes. Une âme végétative, l'autre sensitive, et la dernière intellective. Le bonheur s'obtiendrait lorsque ces trois dernières seraient mises à profit. Et cette voix, associée à son image me font fondre. Je ne suis plus chair, je ne suis plus que substance dévote. Je suis envahie, je fonds. Je suis comme cet homme qui perd tout le contrôle de son être face au cerisier, souvenez-vous cet homme que je vous avais narré. Je suis comme lui, transcendée. Je deteste la perfection parce qu'elle m'aveugle.

Ces petits cons qui font peter des pétards dehors, sous ma terasse. Et tout à coup, on se sent vulnéable. Un pétard, un frisson, et la peur qui m'envahit.
Ces petites chansons bredouillées d'un Anglais très primaire accompagnées par une guitare timide, ces robes légères et fleuries, ces regards tendres. Ca n'est pas si désagréable. Lui, ses mots doux et ses vieilles promesses. Non plus.
A me confier, j'ai peur de décevoir. Mes paroles sont de véritables fléaux orduriers tandis que mes mots sont chastes et retenus. Je n'ai pas de juste milieu. Je suis les extrêmes ; partagée entre l'ordure et l'aérien. Je crache sans reserve trop de mots francs. Mes paroles parlent trop. Pourtant, au fond, n'est-ce pas l'idéal ? Decevoir en écrivant des mots que je sais pâteux. Ceux qu'on écrit avec le coeur. Au fond, c'est un besoin qui me ronge. J'ai besoin d'une image qui m'envahisse, qui se fonde à mon souffle et qui s'immisce dans mes mots. J'ai besoin de cette estampe et d'en faire des lettres. C'est chose faite. C'est lui. La terrasse est envahie elle aussi. Les fleurs s'infiltrent entre les dalles humides, s'enroulent autour de la table rigide. C'est beau, cette sauvagerie lyrique.
Je n'aime pas ce mot, bonheu. Cette perfection, ce fantasme trop poli et laqué ne fait que réfléchir le prosaïsme des illusions. Mais suis-je placée pour faire le réquisitoire du chimérique ? Ne beignerais-je pas en plein dans une mare de caprices exaucés ? (Où sont les canards qu'ils viennent me pincer)

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12 juillet 2007

A celle qui se reconnaîtra

84fafa499991db47ad09a86dc6e1a8e4.jpgMon ventre pleure, mes yeux se noient dans leur hilarité. Mon corps fond tandis que mon âme se glace. Il fait chaud, et je brille d'illusions. Je crie d'espoir, et pourtant on n'entend que les implorements d'impitoyables sentiments ; ils me supplient de cultiver ce prosaïme, de résister aux sollicitations pétulantes, ils exhalent toutes sortes de tribulations et s'attachent à nouer un ventre qui me semblait inflexible. C'est le délire humain, cette chose saturée de paradoxes, de désirs et de craintes, d'engouement et de pusillanimité. Quelques heures intemporelles et je disposais d'un éventail d'existences, d'un panaché d'avenirs, et de projets par milliers, je suis redevenue maîtresse de moi-même, de mon présent et de mon futur. Je me retrouve à l'affût du moindre détail ; de la simple note aux pluies mirifiques, un rien m'exalte. Je suis bercée par une rage de vivre apesante, abusée par mes larmes de joie et j'explose de passion. Je suis une flamme d'ambition face à un béton impassible ; et je brûle d'émotion laissant derrière un passé risible. Je vis, bordel. Je me sens. Je me sens vivre. Je respire. Je. Respire. Et-je-suis-heureuse. Il était temps de recueillir ce passé et de l'asservir, d'en faire sujet de ma passion, de le condamner à n'être plus qu'un passé heureux, simplement heureux. Je le repète, je le repète encore et encore, ce mot qui par pulsions m'exalte le flanc, d'un chatouillement s'apparentant à une flagellation qu'on m'administrerait, comme s'il était question d'une vérité qu'il me fallait confesser, comme si c'était une confidence gardée si intimement qu'elle se serait égaré dans une âme sinueuse et impénétrable. Ce mot : bonheur. Mon corps s'adonne à m'éperronner d'une régularité stimulante. Le bonheur m'est incorporé par à coups vifs, par contractions ventrales, par sanglots béats, des sanglots d'euphorie, de joie ; il s'imprègne en moi, me donnant de cette frénésie enthousiaste, et une véhémence confiante. Je m'en vais vivre, et sans l'appui de quiquonque. Je vivrais par moi-même, et heureuse. Qui m'aime me suive.

11 juillet 2007

Anarchisme nocturne

Lorsqu'un cadeau que l'on vous fait, à savoir ici l'existence, est aussi éphémère, fragile, qu'un insecte volubile, on se doit de prendre soin de l'étudier. Les normes, cette rationnalisation de l'irrationnel, cette atteinte à l'intouchable, censées harmoniser l'humanité, n'ont fait, finalement, que façonner des hommes simples, trop simples, et blasés ; on assiste à une société assoifée, parce qu'elle ne s'est abreuvée que de son propre jus : sec, insipide et contaminé. Sérieux manque d'imagination. Mais qui peut être désabusé du merveilleux ? Les normes ont fait de la vie un animal errant, puant et repoussant, que l'on regarderait d'un mauvais oeil, d'un air sceptique ; elles ont fait de Dieu un individu prosaïque et des fleurs une déesse asservie. Les normes sont arrivées avec leurs massues géantes et ont fait de la délicatesse vivante une nature banale. Si l'on dit que l'aveugle voit, ce n'est point pour sécher des larmes. Il voit parce que la vue, assujettie par le corps social, l'homme ayant fait de l'image son pouvoir, n'a pu faire de lui un pantin béa ; elle lui a fait grâce de multiples voyages dans divers mondes et sphères inhérents à la fougue vivante. C'est parce qu'en lui se sont crées plusieurs définition de la vie, qu'il fut seul à la réellement côtoyer : il a laissé tant son imaginaire et ses utopies que ses autres sens fabuler et exister, eux aussi.