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<title>Chroniques de l'absurde, rubrique incensée, badardages médités, brouillon de mon être. FOUILLEZ-MOI - lyrisme_sauvage</title>
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<title>&quot;Les fleurs fondirent sous la neige&quot;</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (fUnnyg)</author>
<category>Lyrisme sauvage</category>
<pubDate>Tue, 10 Jul 2007 18:25:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-457008&quot; src=&quot;http://butterfan.hautetfort.com/media/00/02/9a2653b7dc2df81f0678354c2c707e47.jpg&quot; alt=&quot;9a2653b7dc2df81f0678354c2c707e47.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt&quot; id=&quot;media-457008&quot; /&gt;&lt;/div&gt; Il faisait &lt;b&gt;nuit&lt;/b&gt; noire. Tout était éteint, tant les logis du hameau que la flamme de son être. Pas une seule lumière, pas un éclat, sinon peut-être celui du passé : vif et lumineux, incisif et douloureux. Tout n'était qu'ombre ou du reste, que pénombre. Cet homme dressé là, sur le peron, n'était plus chair mais silhouette, un être décomposé par la douleur et une âme muette. La vie n'était qu'obscurité. Il ne devait sa tenacité, au milieu de ce desert dépeuplé, qu'à un arbre. Une arbre faisait battre un coeur et sourire une ombre. C'était un arbre fruitier comme il en est beaucoup d'autres : un cerisier, planté là, face à cette triste demeure dont il était lumière. Le printemps l'avait fait fleurir ; il s'était vu bourgeonner puis habiller de milliers de fleurs blanches aux pétales délicats. L'homme, noirci par l'âpreté de sa vie s'était tapi sur le sol humide et se laissa tressaillir devant cette pureté reconfortante quelques instants. Les quelques instant furent heures, l'exaltation n'en fut pourtant pas alterée. La silhouette ivre ne se laissa pas perturber par le temps qui l'avait déjà à souhait malmenée. Un jour s'était écoulé, et le visage n'avait pas sourcillé, puis deux, et les vicissitudes de la vie lui étaient déjà indifférentes. L'arbre était tel un breuvage vertueux par la Lumière qu'il renvoyait. L'homme avait perdu toute notion de cause. Plus de noir dans ses yeux, seulement la blancheur des fleurs du cerisier. Une semaine passa ; l'essence précieuse ne trahit pas celui qu'elle avait charmé. Les mois filèrent, puis les saisons et l'on vit toujours une silhouette obscure au visage épanoui, transi, effervescent, campée au seuil du logis...&lt;br /&gt; Ce n'était plus un homme, peut-être encore une âme esseulée, qui s'était offerte à la nature.&lt;br /&gt; L'hiver arriva ; les fleurs fondirent sous la neige, et l'être se noya dans le bonheur.
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