04 juillet 2008

Emile Augier

Ma chambre, ressemble tout à coup à un grenier où les choses s'entassent. Ressemble à ces endroits où l'on accumule du passé. Le mur qui s'effrite, le sol depecé, les photographies froissées, et tout ces meubles alignés, qui attendent leur tour. Et puis, entre tous, un papier tâché. Sur une de ces feuilles de bloc de cuisine, je retrouve l'écriture griffonée de mon grand père.

Pauvre enfant qui voulez combattre la nature
Qui doutez de l'amour et repoussez sa loi,
Qu'avez-vous donc souffert et par quelle blessure
Ce coeur de dix-huit ans a-t-il perdu la foi ?

La fleur d'Avril est-elle à tout jamais fanée,
Pour avoir frissonné sous ton souffle du Nord ?
La coupe de vos jours est-elle empoisonnée
Par un pleur de vos yeux qui coula sur le bord ?

Moi qui suis déjà vieux dans les choses humaines,
Dont le coeur a saigné plus souvent qu'à son tour.
Je ne regrette pas le sang pur dont mes veines
Ont rougi les boissons où je cherchais l'amour.

Car ce que m'ont appris la ronce et les épines,
C'est qu'il n'est rien de bon au monde que d'aimer,
Que même les douleurs de l'amour sont divines.
Et qu'il vaut mieux briser son coeur que le fermer.


Et c'est d'Emile Augier.


27 avril 2008

De la docilité du roseau

On dort les uns contre les autres
On vit les uns avec les autres
On se caresse, on se cajole
On se comprend, on se console

On danse les uns avec les autres
On court les uns après les autres
On se déteste, on se déchire
On se détruit, on se désire

On dort les uns contre les autres
On vit les uns avec les autres
On se caresse, on se cajole
On se comprend, on se console

On danse les uns avec les autres
On court les uns après les autres
On se déteste, on se déchire
On se détruit, on se désire

Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde

(Tout seul au monde)
Au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde
Toujours tout seul au monde

18 février 2008

***


Oublier le reste, les grands vices du quotidien et la monotonie des heures d'éloignement. S'abandonne. Rosir au carmin. Ceder au tendre. Faire de banalités l'extraordinaire ; du profane, le sacré. Bouleverser le monde et ses acquis, retourner en tous sens sa perception, se laisser posseder par ses émtions. De rires cristallins et éclatants. Ces moments sont magiques et profondéments ressourçants.



27 janvier 2008

C'est pas tous les 27 janvier qu'on est amoureux. Hein-

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19 janvier 2008

De la propriété apaisante de délirer.

    On lui aura trop dit, qu'elle était belle, avec ses yeux bouillonants, ses boucles rondes, son teint frais. Cette photo, nos deux sourires. Face à une vie surprenante, sans voile. Hilarante, vraiment. Cette photo est-elle moche ou belle ? J'aime nos sourires statiques. Je les fixe, m'en impregne à n'en voir plus qu'un. Je vois en nous un seul sourire. Comme c'est évident. J'aime notre jeunesse. Nos mots, nos maux, si infimes, si beaux. A prendre soin de ce qui nous détruit, et nous anime à la fois. C'est ça vivre, prendre le risque d'ouvrir son coeur, accepter l'illusion. Se faire maïtre de ce que l'on craint. Aimer nos faiblesses.

Nous sommes dans la nuit du 11 au 12 avril, et comme ça, sur un coup de tête, quatre pages trop tôt, je clos ce bavardage. Ce que tu vas refermer, ces un-quarante-huitième d'existence ; les quatre mois les plus excitants ; bijou de mon être.  J'ai tenu, presque jour pour jour, la promesse de m'écrire. Je m'arrête maintenant, ayant senti, ces dernières semaines ma plume s'éssoufler peu à peu, après cette brève course à la vie.
Je crois être née il y a quelques mois. Avant,  jamais qu'un vulgaire automate executant la volonté sociale, serpentant entre milliard de règles et normes. Après quatre mois de labourage intensif, tout est autre. Ma plume a gratté la crasse sociale qui s'entassait dans mon être et, de son crissement strident, elle a reveillé les velleités que l'homme sait trop bien cacher. Elle n'a pas rangé vices et vertus dans deux cases distinctes, elle les a imbriquées l'un dans l'autre. L'instinct renaît.
L'écriture me transportait au delà de toute cette Terre de normes. Je crois que l'on s'inquiète trop de savoir l'avenir alors que la masse des faits exogènes que nous connaissons si bien devrait, depuis longtemps, nous décourager. Non, l'homme s'obstine, s'entête à vouloir tout préparer, assurer, garantir ; un avenir parfait pour lui, sa progeniture, frêle expectative de nos moments manqués ; futur : friture d'idées dénaturées.

14 janvier 2008

Vous saurez tout

 

J'errais sur les mots d'évène.fr Une image m'interpelle, petite, legendée. Mes sens se mobilisent pour retrouver la cause d'un tel éveil de mon inconscient. Les mots m'apportent leur soutien. Je peux lire "Survivre avec les loups". Certes, cela peut paraître relativement anodin. Mais dans l'ordre de mon esprit, toute mon enfance, ces quatres mots, surgit en cavalcade ; c'est un véritable sursaut ; je tressaillis devant cette annonce anodine.

Je me rappelle mon amusante arrogance. Celle qui, du haut de mes treize ans, me faisait pérorer la douteuse qualité littéraire d'un récit. Et ce récit, justement, c'est "Survivre avec les loups".
Tout ceci n'aurait guère d'interêt si un personnage n'intervenait dans ces reminescences. Mon père. Mon père me l'avait conseillé, ce livre. Et secrètement, j'avais versé des larmes sur les mots d'une enfant que je respectais profondément. L'âge m'avait fait croire, naïvement, que le mépris me donnerait de la consistance. Donc j'avais simplement rétorqué que "c'était mal écris".
Aujourd'hui, quatre ans plus tard, je vois que ce récit est devenu long-métrage. Je revois mon père. Le contact lointain d'un père et de sa fille. Un culte qui ne s'éteint pas. Mon père est ce [insultes] Dieu (tout un paradoxe). Tout mon être [ou presque] est un condensé de mon paternel ; et je suis fascinée par le masculin.
Je ne suis que le regret de mon passé. Dans le seul sens où je lui porte un regard tendre, mêlé de passivité et d'éffroi. Que fut mon enfance ?
En coupant avec mon père, j'ai abandonné mes années d'insouciance.
Il est la métonymie de mon enfance perdue, ce royaume bien au-dessus de mon présent, ce mystère d'années phagocytées par un être à lui seul, une attraction incroyable. Du véritable magnétisme.

Conclusion, j'irais voir ce film. Que le culte perpétue ...


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En fait, l'article génial attendra, hein ...

 

27 décembre 2007

Je voudrais la pierre qui transforme l'or en coton

J'aime notre âge d'insouciants. Celui qui nous fait croire, naïfs, que nous grandissons, alors que nous regressons dans le monde cotonneux des illusions. Ce que nous appellons tête haute "expériences" ne sont que de vils mirages. Nous n'avons de cesse d'être trompés.
La vérité, c'est que l'on complique tout, ça nous rassure. C'est le coton de grand mère, plus doux, plus simple, qui m'a fait comprendre. Le coton de grand mère, je me demande pourquoi on l'a écrasé, démuni de ses fibres rebelles. Pourquoi le coton est-il devenu industriel?
Rien que pour cela, j'ai envie de faire la grimace d'une gamine qui ne veut rien voir. Et puis je lui ai volé son coton. Il fallait bien qu'elle me transmette ce secret de famille, qu'elle me donne sa liberté.
J'aime ne pas écrire français vous savez ; tâcher la syntaxe de mon âme siphonnée.


19 octobre 2007

E comme ... Evidence

TU ES CETTE EVIDENCE.
Ces longs cheveux bruns, ondulés comme ce sourire sur ses lèvres, glissant sur sa nuque. Ces vertèbres qui coulent une à une le long d'un corps dévoilé. Ces traits fiers et ce regard profond singeant l'assurance. Une poitrine sagement révelée, pour un regard entier. Ce corps honnête et ces traits francs, ces sourcils épais longeant la perle d' yeux brûlants de vie. Cette invasion de sentiments vifs et tenaces, forts d'une longueur qui semble infinie comme ces cils dans la continuité de ses paupières ombrées.. Tout ceci, à toi.
 

06 octobre 2007

Théatre du Lucernaire, ou ces envies de pain d'épice

Art, cette bouffée d'air éclatante, ce retour à l'unité, à l'authenticité.

L'art est une véritable source que l'homme nie tristement. Art, aucun mot, juste des passions qui s'exercent, quelques larmes de joie, des secondes sans minutes, et ces regards renouvelés, laissant dans leur solitude nos routine effrenées.
L'art n'est à la hauteur de rien, on ne le compare pas. Le mercantilisme dans lequel on l'a inseré est ahurissant. L'art est à tous, comme la vérité nous appartient. L'art est un droit, comme on a le devoir de ressourcer nos âmes encrassées. L'art est une force qui dépasse l'homme, et c'est bien pour cela qu'il nous laisse si souvent perplexe. Parce qu'il est le precepteur qui nous ramène aux fondamentaux du vivant. L'eternel et le sublime. 

 

07 septembre 2007

Paroles

"La vie des Parisiens se consume plus rapidement qu'ailleurs, tant les trépidations du désir son violentes. Une véritable fournaise pour les passions."

Eric Cobast dans Petites leçons de Culture Générale 

"Nous ne pouvons cesser de désirer et cela même nous magnifie et nous tue. Le désir ! Il nous porte et nous crucifie, en nous conduisant chaque jour au champ de bataille où nous avons perdu la veille mais qui, dans le soleil, nous semble un nouveau terrain de conquêtes, nous fait bâtir, alors que nous mourrons demain, des empires voués à devenir poussière, comme si le savoir que nous avons de leur chute prochaine n'importait pas à la soif de les édifier maintenant."
"C'est peut-être ça être vivant : traquer des instants qui meurent."

Muriel Barbery dans L'élégance du hérisson 

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