24 août 2007
Oranges pressées et rondelles de citron.
22:50 Publié dans Leçons de vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22 août 2007
Hormis le fait qu'une couche de gris menace l'humeur de nos concitoyens ...
...Cette semaine Paris rime avec répondeurs.
Actionnaires, à vos portefeuilles, marché du parapluie en effervescence.
Ah ah ah ah ah.
14:25 Publié dans Post-it' | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20 août 2007
Sat naked on the beach
What I want by fire - Bob Sinclar ♪
Les bras croisés sur sa poitrine offraient à ses mains gelées deux hanches rondes auquelles s'agripper. Son corps avait comme diminué, et telle la foule qui s'étouffe et s'atrofie pour assister au spectacle, lequel elle espère satisfaira son besoin d'engouement et fera jaillir en elle ce cocktail d'émotions dont elle a perdu la recette, ses membres s'écrasaient les uns les autres, tous joints sur les quelques centimètres plans d'abdomen rejetés sous sa poitrine. Elle avança dans la gare vide, emplie d'un air glacial. Sa gorge était, à l'échelle sociale, l'élement de sacrifice qui se laisse mutiler, par cet air froid et déchirant qui s'introduisait en elle chaque fois que ses poumons le réclamaient. La solitude, l'hostilité du climat, et ses membres engourdis ne tardèrent à chanceler. Et déjà, un sentiment de bien-être s'empara d'elle, elle tressaillit. Une anodine scène de froide matinée d'hiver, et tout un corps réunissait à lui seul le panache d'émotion que l'homme cherche trop ailleurs. Ses pieds gelés la firent s'asseoir sur un vieux banc ; elle vit arriver unes à unes les paires de jambes raidies qui traversaient ce quai de gare bitumé. Alors que son regard s'éleva jusqu'a voir les visages qui accompagnaient ces tristes articulations, elle songea combien leur perception était infirme pour qu'ils fussent si dénués d'enthousiasme. Ces mines moroses l'emplissaient de joie et réchauffaient ses sens, et plus les minutes, rythmées par ce défilé de pantins aigris, s'écoulaient, plus elle sentait en elle s'intensifier ce flot de sentiments dont l'explication ne se trouve pas, et qui suffisent à réchouffer un corps. Son regard s'éveilla, contrasta avec ses membres flétris et froissés, il prit une expression qu'on pu qualifier de méprisante, fière ou suffisante ; mais qui n'était qu'incarnation de l'intelligence, elle relevait de celle de l'artiste qui cherche encore à comprendre et qui n'est jamais repu de savoir, qui voit le monde dépouillé de toute emprunte sociale, sans sens sinon celui que nos sens lui donnent. Et puis, précédé de cette voix féminine nasillarde priant de ne pas s'allonger sur les rails que personne n'écoute, le train fit cette entrée imposante, qui a toujours l'air de surprendre ceux qui l'attendent, comme si, en quelques instants, la raison de leur présence s'était déjà perdue ; on s'y hissa, les corps se réanimèrent, le temps retrouva sa vitesse usuelle étouffée par le froid glacial et chacun repris ses habitudes nonchalantes, ces petits codes qui nous font oublier que l'ont obéit aux lois du quotidien, qu'il nous a noyé dans son poison et volé nos passions.
Comme si rien n'avait existé. Les rires sonores s'étouffent, ces sorties d'écoles, cette admiration déjà si lointaine ... Moi qui venère tant le passé, moi qui l'ai tant revisité. Comment peut-il m'échapper. Tout mon être est honteux. Tuer le temps, oui, mais tuer le passé ? C'est un supplice de Tantale que de pouvoir goûter au temps d'un être aimé mais de s'en voir privé avant même qu'il n'ai pris ce goût et cette substance que donne l'âge. Comme si rien n'avait jamais existé. Comme si ses joues rondes et ses dents du bonheur, je pouvais les oublier. Et j'ai songé que moi aussi, j'aurais 18 ans. Tous ces anniversaires qu'ils a oublié. Le jour le plus important dans le coeur d'un enfant, rayé, effacé. 17 ans de vie, et 4 ans qu'il aura oublié sa racine, son petit coeur, son chouchou, sa fille. Et un chiffre s'est heurté à mon encéphale glacée. 10. 10 mois. 300 jours. 300 jours putin, que je l'ai perdu. Mon géniteur, 300 jours que je ne l'ai pas vu sourire, 300 jours que je ne le vois plus m'aimer. 300 jours, et j'ai perdu ma moitié. 300 jours, parce que je l'avais trop aimé.
Monaco3, soon ..
23:00 Publié dans Maux d'instinct | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17 juillet 2007
Vaccaciones
20:30 Publié dans Post-it' | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Roger Le Gall, piscine municipale -
----La foule s'entassait dans ces quelques mètres cubes aqueux. Le spot solaire devait juger la prestation de ces pantins synchronisés insuffisante pour qu'il s'absentâ ainsi, se faisant désirer par l'intense chaleur qui régnait là.
---Sur quelques lignes d'eau, les personnes font irrésistiblement ces allers-retours d'une régularité syndicale, se coursant ainsi tel des chiots tentant vainement d'attrapper leur queue ou ces ânes bêtement trompés par leur gourmandise, brassant l'eau claire presque frénétiquement et sans repis.
---Quelques mètres plus loin, on s'emerveille encore d'un rien. On crie, on saute, mais rien de formel, pas de contrainte. Dix années dans un monde détruit par la routine, et ces boucles brunes égarées sur ces amandes vertes sont encore enjouées par la moindre pirouette déjouant les lois de l'apesenteur encore inconnues.
Dans ce vacarme d'enthousiasme et de frénésie, la nature ne tarde pas à frissoner. L'air se refroidit, des cristaux commencent à se détacher du coton atmosphérique pour se fondre , comme ces humains, dans l'eau chlorée. Mais si peu ne suffit pas à décourager ces moues enfantines et ces visages tordus par l'effort, la masse l'ignore encore. Au dessus, on ne tarde pas à envoyer la purée : dame Nature veut se faire remarquer. Alors, tel un enfant capricieux qui tire sur l'extremité du pull de sa génitrice pour se faire entendre et voir sa nouvelle fantaisie exaucée, elle densifie ses signaux.
C'est une jolie danse à laquelle on assiste ici, les clapotis aqueux donnent le rythme, tandis que les joyeux cris des bambins stimulent nos nageurs effrenés. La pluie s'intensifie, désormais elle martèle ceux qui l'ignorent indécemment. Les hommes sont battus à coups de cristaux. Interloqués, certains sortent alors leur tête de l'eau. La pluie fait rage, frappant sans relâche la surface lisse de l'eau et l'empreintant d'ondes et de remous. Notre tableau n'est plus qu'une vague aquarelle ; on s'arrête de vivre, un instant, on observe cette orchestration cristaline. Caprice exaucé. L'enfance comme la nature parvient toujours à être écoutée car son regard est légitime, il est celui qui nous rappelle à la curiosité et l'enchantement.
10:15 Publié dans Chroniques anachroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 juillet 2007
Mark Ronson - Stop me
Ces petits cons qui font peter des pétards dehors, sous ma terasse. Et tout à coup, on se sent vulnéable. Un pétard, un frisson, et la peur qui m'envahit.
Ces petites chansons bredouillées d'un Anglais très primaire accompagnées par une guitare timide, ces robes légères et fleuries, ces regards tendres. Ca n'est pas si désagréable. Lui, ses mots doux et ses vieilles promesses. Non plus.
A me confier, j'ai peur de décevoir. Mes paroles sont de véritables fléaux orduriers tandis que mes mots sont chastes et retenus. Je n'ai pas de juste milieu. Je suis les extrêmes ; partagée entre l'ordure et l'aérien. Je crache sans reserve trop de mots francs. Mes paroles parlent trop. Pourtant, au fond, n'est-ce pas l'idéal ? Decevoir en écrivant des mots que je sais pâteux. Ceux qu'on écrit avec le coeur. Au fond, c'est un besoin qui me ronge. J'ai besoin d'une image qui m'envahisse, qui se fonde à mon souffle et qui s'immisce dans mes mots. J'ai besoin de cette estampe et d'en faire des lettres. C'est chose faite. C'est lui. La terrasse est envahie elle aussi. Les fleurs s'infiltrent entre les dalles humides, s'enroulent autour de la table rigide. C'est beau, cette sauvagerie lyrique.
Je n'aime pas ce mot, bonheu. Cette perfection, ce fantasme trop poli et laqué ne fait que réfléchir le prosaïsme des illusions. Mais suis-je placée pour faire le réquisitoire du chimérique ? Ne beignerais-je pas en plein dans une mare de caprices exaucés ? (Où sont les canards qu'ils viennent me pincer)

19:40 Publié dans Maux d'instinct | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12 juillet 2007
A celle qui se reconnaîtra
Mon ventre pleure, mes yeux se noient dans leur hilarité. Mon corps fond tandis que mon âme se glace. Il fait chaud, et je brille d'illusions. Je crie d'espoir, et pourtant on n'entend que les implorements d'impitoyables sentiments ; ils me supplient de cultiver ce prosaïme, de résister aux sollicitations pétulantes, ils exhalent toutes sortes de tribulations et s'attachent à nouer un ventre qui me semblait inflexible. C'est le délire humain, cette chose saturée de paradoxes, de désirs et de craintes, d'engouement et de pusillanimité. Quelques heures intemporelles et je disposais d'un éventail d'existences, d'un panaché d'avenirs, et de projets par milliers, je suis redevenue maîtresse de moi-même, de mon présent et de mon futur. Je me retrouve à l'affût du moindre détail ; de la simple note aux pluies mirifiques, un rien m'exalte. Je suis bercée par une rage de vivre apesante, abusée par mes larmes de joie et j'explose de passion. Je suis une flamme d'ambition face à un béton impassible ; et je brûle d'émotion laissant derrière un passé risible. Je vis, bordel. Je me sens. Je me sens vivre. Je respire. Je. Respire. Et-je-suis-heureuse. Il était temps de recueillir ce passé et de l'asservir, d'en faire sujet de ma passion, de le condamner à n'être plus qu'un passé heureux, simplement heureux. Je le repète, je le repète encore et encore, ce mot qui par pulsions m'exalte le flanc, d'un chatouillement s'apparentant à une flagellation qu'on m'administrerait, comme s'il était question d'une vérité qu'il me fallait confesser, comme si c'était une confidence gardée si intimement qu'elle se serait égaré dans une âme sinueuse et impénétrable. Ce mot : bonheur. Mon corps s'adonne à m'éperronner d'une régularité stimulante. Le bonheur m'est incorporé par à coups vifs, par contractions ventrales, par sanglots béats, des sanglots d'euphorie, de joie ; il s'imprègne en moi, me donnant de cette frénésie enthousiaste, et une véhémence confiante. Je m'en vais vivre, et sans l'appui de quiquonque. Je vivrais par moi-même, et heureuse. Qui m'aime me suive.18:55 Publié dans Maux d'instinct | Lien permanent | Envoyer cette note
11 juillet 2007
Anarchisme nocturne
Lorsqu'un cadeau que l'on vous fait, à savoir ici l'existence, est aussi éphémère, fragile, qu'un insecte volubile, on se doit de prendre soin de l'étudier. Les normes, cette rationnalisation de l'irrationnel, cette atteinte à l'intouchable, censées harmoniser l'humanité, n'ont fait, finalement, que façonner des hommes simples, trop simples, et blasés ; on assiste à une société assoifée, parce qu'elle ne s'est abreuvée que de son propre jus : sec, insipide et contaminé. Sérieux manque d'imagination. Mais qui peut être désabusé du merveilleux ? Les normes ont fait de la vie un animal errant, puant et repoussant, que l'on regarderait d'un mauvais oeil, d'un air sceptique ; elles ont fait de Dieu un individu prosaïque et des fleurs une déesse asservie. Les normes sont arrivées avec leurs massues géantes et ont fait de la délicatesse vivante une nature banale. Si l'on dit que l'aveugle voit, ce n'est point pour sécher des larmes. Il voit parce que la vue, assujettie par le corps social, l'homme ayant fait de l'image son pouvoir, n'a pu faire de lui un pantin béa ; elle lui a fait grâce de multiples voyages dans divers mondes et sphères inhérents à la fougue vivante. C'est parce qu'en lui se sont crées plusieurs définition de la vie, qu'il fut seul à la réellement côtoyer : il a laissé tant son imaginaire et ses utopies que ses autres sens fabuler et exister, eux aussi.
19:00 Publié dans Maux d'instinct | Lien permanent | Envoyer cette note
10 juillet 2007
"Les fleurs fondirent sous la neige"

Ce n'était plus un homme, peut-être encore une âme esseulée, qui s'était offerte à la nature.
L'hiver arriva ; les fleurs fondirent sous la neige, et l'être se noya dans le bonheur.
18:25 Publié dans Lyrisme sauvage | Lien permanent | Envoyer cette note
06 juillet 2007
♪ North - Phoenix ♪
18:00 Publié dans Chroniques anachroniques | Lien permanent | Envoyer cette note
04 juillet 2007
Mélancolie printanière ...

Ce jour, les souvenirs sont rigides, et le soleil insipide. La végétation renaît sans passion. Une mine dépitée reflète ce bonheur laceré. Les larmes font leur chemin dans le brouhaha buccal environnant. L'hiver a jeté sa mélodie doucereuse pour un printemps à l'atmosphère fumeuse.
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