03 juillet 2008
Au kazoo
Elle est revenue de la gare.
Dans ce train, elle s'était sentie clandestine, tordue sur ses deux sièges, tête reposée sur son sac ridiculement petit.
Elle aurait aimé arriver n'importe où, retrouver n'importe qui, passer la nuit dans ce train à laisser les paysages filer.
Pas de remords, simplement des regrets. Toutes ces promesses écrites du regard, et gommées si vite, si brusquement par quelques mots. Quelle farce. Tout ceci s'était fait proprement, sans lâcheté, sans questions, sans traces. Oui, à la maniète d'un véritable meurtre, finalement.
Dans cette cuisine crasse, je m'amuse de voir ces gens s'étonner chaque fois des pluies qui battent les carreaux. Après le mépris, j'ai cette envie irrépressible, moi aussi, de m'étonner, de jouer la stupéfaite, pour rien, en fait. Pour le plaisir du commun, des banalités. Et puis alors, d'un jeu, c'en devient un plaisir, puis une passion, un besoin. Celui de regarder cette nature, la figer, la magnifier. L'écouter, s'échapper.
Finalement, c'est excitant, deux destins qui bifurquent.
Le plaisir qu'un enfant à a faire sans lasse ces châteaux de sable minables, il n'est que dans ce moment si court, si féroce et barbare où l'on détruit tout, bam, d'un coup de pied sadique, c'est ça, le meilleur. Construire pour déconstruire, finalement. Le plaisir de se mettre à l'épreuve, d'être son propre ennemi et de faire mieux la fois suivante.
16:29 Publié dans Questions existencielles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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