27 avril 2008

De la docilité du roseau

On dort les uns contre les autres
On vit les uns avec les autres
On se caresse, on se cajole
On se comprend, on se console

On danse les uns avec les autres
On court les uns après les autres
On se déteste, on se déchire
On se détruit, on se désire

On dort les uns contre les autres
On vit les uns avec les autres
On se caresse, on se cajole
On se comprend, on se console

On danse les uns avec les autres
On court les uns après les autres
On se déteste, on se déchire
On se détruit, on se désire

Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde

(Tout seul au monde)
Au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde
Toujours tout seul au monde

Commentaires

Ca n’est pas l’idée passionnée de deux êtres maudits, isolés et dressés contre le monde et Dieu et l’irrévocable qui attire les hommes ! (clin d’œil) Mais c’est l’amour, mais c’est la volonté de sortir de son ipséité : mais c’est le langage.

N’est-ce pas notre soumission à ce monologue intérieur, que nous n’osons pas dépasser par peur de perdre notre identité, qui étreint notre esprit dans un langage qui ne s’accorde qu’à notre monde et nous force à l’exil subjectif pour (mais à tort) nous protéger de l’objectivité qui nous écrase; n’est-ce pas cette soumission au langage, tout simplement, car tout langage est « notre » langage (et à travers lui, tous ce que nous pensons universel ne l’est que pour nous), n’est-ce pas cette soumission au langage qui nous condamne tôt ou tard à une solitude nécessaire.

Le rêve de l’homme au fond, n’est il pas de d’accomplir le projet utopique qu'avait eu Eisenstein d'écrire un livre sphérique, où toutes les parties communiqueraient entre elles sans aucune linéarité contrainte, dépassant notre propre conditionnement langagier.

Ecrit par : the repent buddha | 04 mai 2008

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Ecrit par : the repent buddha | 11 mai 2008

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