19 janvier 2008

De la propriété apaisante de délirer.

    On lui aura trop dit, qu'elle était belle, avec ses yeux bouillonants, ses boucles rondes, son teint frais. Cette photo, nos deux sourires. Face à une vie surprenante, sans voile. Hilarante, vraiment. Cette photo est-elle moche ou belle ? J'aime nos sourires statiques. Je les fixe, m'en impregne à n'en voir plus qu'un. Je vois en nous un seul sourire. Comme c'est évident. J'aime notre jeunesse. Nos mots, nos maux, si infimes, si beaux. A prendre soin de ce qui nous détruit, et nous anime à la fois. C'est ça vivre, prendre le risque d'ouvrir son coeur, accepter l'illusion. Se faire maïtre de ce que l'on craint. Aimer nos faiblesses.

Nous sommes dans la nuit du 11 au 12 avril, et comme ça, sur un coup de tête, quatre pages trop tôt, je clos ce bavardage. Ce que tu vas refermer, ces un-quarante-huitième d'existence ; les quatre mois les plus excitants ; bijou de mon être.  J'ai tenu, presque jour pour jour, la promesse de m'écrire. Je m'arrête maintenant, ayant senti, ces dernières semaines ma plume s'éssoufler peu à peu, après cette brève course à la vie.
Je crois être née il y a quelques mois. Avant,  jamais qu'un vulgaire automate executant la volonté sociale, serpentant entre milliard de règles et normes. Après quatre mois de labourage intensif, tout est autre. Ma plume a gratté la crasse sociale qui s'entassait dans mon être et, de son crissement strident, elle a reveillé les velleités que l'homme sait trop bien cacher. Elle n'a pas rangé vices et vertus dans deux cases distinctes, elle les a imbriquées l'un dans l'autre. L'instinct renaît.
L'écriture me transportait au delà de toute cette Terre de normes. Je crois que l'on s'inquiète trop de savoir l'avenir alors que la masse des faits exogènes que nous connaissons si bien devrait, depuis longtemps, nous décourager. Non, l'homme s'obstine, s'entête à vouloir tout préparer, assurer, garantir ; un avenir parfait pour lui, sa progeniture, frêle expectative de nos moments manqués ; futur : friture d'idées dénaturées.

Commentaires

Ca faisait un peu trop longtemps à mon goût que je n'étais pas venu parcourir les magnifiques textes de ton tout aussi magnifique blog.
Et le premier texte qui m'apparait sous les yeux est bien à la hauteur de mes espérances, à la hauteur de ce que j'avais quitté la dernière fois que j'étais venu ...
Continue comme ça, Fanny.

Ecrit par : Matthieu | 21 janvier 2008

Coucou!
Un long silence s'est installé, mais je viens t'annoncer que j'ai fini l'élégance du hérisson, et j'ai adoré, mais vraiment! Finalement, j'ai pas eu trop de mal a rentrer dans l'histoire, mais c'est vrai qu'au début elle n'est pas très originale. Et puis après, j'ai lu la deuxième moitié du livre en une soirée ^^ ! Par contre, je suis restée complétement choqué par la fin et j'ai les larmes aux yeux à chaque fois que j'y repense!
Voila voila, merci de m'avoir offert ce livre, depuis que je l'ai finie j'me sens mieux (un petit peu déprimé ces derniers temps)!
Bisous bisous

Ecrit par : Mouton | 22 janvier 2008

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