29 novembre 2007

Orchestre sentimental


Et pourquoi pas les crins d'un archet rugueux sur un piano en desuétude ?
And why not hairs of a rough violin bow on a disuse piano ? 

Le noir d'une matinée encore jeune dans Paris. Une journée encore nue ; l'horizon immobile que seules quelques volutes de fumée crachées par les toits de Paris animent. Le monde dors encore et tel un bébé assoupi, il exerce cette attraction mystérieuse sur moi, avec son aube rosée. J'ai envie de le regarder silencieusement, en courbant ma bouche proche du sourire, et c'est justement dans ce soupir que j'ai envie d'embrasser l'humanité, de l'étreindre dans son silence ...

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[Dans la vie, tu as ceux qui savent positiver, et les incapables. Moi je suis du second lot, de ceux qui s'engourdissent de pessimisme. Pire même, je suis plus paradoxale que quiquonque. Ce qui est supposé me réjouir m'endors, et ce sont les petits détails insignifiants, en apparence, qui me réveillent, qui excitent mon enthousiasme. Je suis de ceux, oui, qui se laissent (a)battre par la routine et par le froid, qui n'ont pas la force de ceder à la tentation, ô combien grande, de geindre. I'm a looser. Cette petite voix de merdeuse qui n'est jamais contente, qui n'est pas foutue de voir que tout lui sourit, ce regard larmoyant d'enfant choyée, et cette bouche assechée par un flot indescent de plaintes. Que je suis conne des fois. ]

Les semaines à venir s'anoncent sucrées.

23 novembre 2007

Pensées.

La femme doit se dorer pour être adorée. Dixit M.Foufou

Les artistes élargissent notre perception. La nôtre est utilitaire, au service de la vie et de nos actions car, avant de penser, ne faut-il pas agir ? Or l'action se fonde sur le moment opportun, le kairos et necessite des repères. Finalement, ce sont ces contraintes de temps et d'espace qui nous resteignent, et ce que nous perdons sur le plan de la connaissance, nous le gagnons en efficacité.
Les mots sont principalement à l'origine de ces repères qui nous rassurent et nous orientent. Ils classent les choses, les organisent en genre. Les noms communs sont donc par essence généraux. Mais la réalité des choses est qu'elles sont toutes uniques et singulières. Le langage est donc au service de nos besoins, mais est faussé par son aspect restrictif. Les mots nous donnent cette cohérence et cette rigueur. Ils viennent renforcer ce voile que l'artiste se veut soulever : il est ce revelateur qui parvient à exprimer la richesse des choses. L'art dévoile notre vie intérieur et les vérités exterieures. Il ne les invente pas, il ne les imite pas, il les rend transparentes. Les poètes n'ont pas inventé l'amour. Nous avons préalablement une conscience obscure et confuse de ces réalités ; sa tâche, à l'artiste, est de nous en faire prendre pleinement conscience et dans leur vérité profonde.
(je suis persuedée que celà vous rappellera qqch. La philo est obsédante.)

Deçà quelques semaines, j'évoquais cette marchandisation à laquelle seule le temps me semblait échapper. Souvenez-vous ... Eh bien, la société de valets (A. Gorz) qui se developpe de manière croissante (service aux particuliers) se revèle mettre en doute ce la, puisqu'elle consiste en l'achat de temps d'autrui !

17 novembre 2007

L'Afrique ne peut pas être eternellement le jouet de l'Occident

"Depuis plus de quarante ans, le continent africain est consideré comme un champs d'expériences humanitaires où tous les coups, nobles ou bas, sont permis pour atteindre des objectifs inavouées. D'année en année, les organisations humanitaires se multiplient à travers une Afrique où les populations s'entre-tuent, où la misère, renforcée par le déséquilibre des échanges commerciaux internationaux, fait ravage au même titre que le sida, le paludisme et autres épidémies mortelles. Les Occidentaux, qui sont le plus souvent complices du malheur du continent en soutenant des dictateurs sans scrupulee ou en provoquant des guerres pour défendre leurs interêts, voient dans cette situation on ne peut plus regrettable de l'Afrique le moyen d'expérimenter leurs fantasmes humanitaires. L'exmple du Rwanda, pendant le génocide de 1994, est encore vivant dans nos esprits. Le monde entier avait alors assisté en direct à un génocide de caractère horrible et insoutenable, sans que les Nations Unies ou toute autre organisation internationale ne lève le petit doigt. Les ONG et autres organisations dites humanitaire ne se sont manifestées que trois mois après le début des massacres. Cette intervention, tardive il est vrai, avait pour véritable intention de sauver les milliers de tueurs hutus qui, durant les cent jours fatidiques du génocide, ont massacré leurs compatriotes tutsis avec des machettes, des houes et des serpettes. Aujourd'hui, au Tchad, nous sommes en train d'assister à une histoire d'"enfants orphelins" que personne ne comprend. L'ONG L'arche de Zoé fait l'objet de poursuites au Tchad pour avoir tenté d'envoyer une centaine d'enfants "tchadiens" ou "soudanais" en Europe. Il est temps que les Africains prennent leur destin en main. L'Afrique ne peut pas être eternellement le jouet de l'Occident. Ces organisations "hummanitaires" non gouvernementales qui envahissent le continent por des causes auxquelles elles-mêmes ne croient pas doivent désormaiscomprendre que nous touchons à la fin de l'idéologie postcolonialiste, paternaliste, sinon méprisante, qui voit toujours en Afrique une terre de tous les malheurs."

 L'indignation d'un bloggeur mauritanien. Courrier International n°889.

15 novembre 2007

Chronique anodine sur le frisson. Essai sur un coeur vacillant.

Des pas que j'ai dû incruster, graver dans le bitume, à force de le chatouiller quotidiennement, dans la plus exquise monotonie. Ce chemin qui se repète, en boucle, comme on enclencherait un mode "marche arrière" de camescope. Avancer, puis revenir au point de départ, quoi de plus lassant. Ce rembobinage a dû me faire user des dizaines de paires de chaussures depuis, et faire émaner de moi suffisamment de stress pour fournir à la planète l'énergie qu'elle requiert. Cette rue qui chaque jour prend des couleurs différentes, qui m'a vue déprimée comme heureuse, enjouée comme pâteuse. Rue des Maraîchers, vingtième arrondissement de Paris ; petite rue, longs trajets.
Le froid tangible et narquois se vivifie de jours en jours ; je bous d'impatience, transplaner, je ne peux plus attendre, je brûle, le froid, aussi vif soit-il, m'est ridiculement insignifiant. Je le veux, à mon oreille, je veux ses mots, assouvrir cette frustration, rire de ses confessions, rire tout court, écouter, juste par illusion de présence, juste pour ce contact mirifique, et néanmoins sournois. Je brûle, mes pas sont sourds, j'observe d'un oeil furtif, aceré, les passants flâneurs, mon cerveau est en ébullition. C'est l'impatience extrème. L'homme est devant moi, il est enveloppé dans ses cuirs bruns. J'observe sa demarche, nonchalente et calme, sereine. Et moi, j'ai une marche quasi mécanique, je suis au bord de l'explosion. Ses épaules se balancent de droite à gauche, de gauche à droite ... Ses épaules ... Tel ce métronome dans ce chaud salon d'enfance ... tel le balancier d'une vieille horloge de bois massif, de celles qui garnissent les logis de grand mère. Ses épaules basculent frénétiquement d'un côté à l'autre, je suis fixée sur ce balancement, il m'observe, ce temps. Son allure, les secondes qui filent et fusent. Et ses pas gagnent un rythme plus soutenu, ils quittent le bitume de mes matins pour apporter leur chagrin sous terre. Je poursuis mon chemin, rentre dans le hall marbré de l'immeuble et me rappelle combien il faisait froid, dehors. Je suis en haut, mes mains tremblent, j'ouvre la porte, fébrile. Le combiné, et j'explose. Le bonheur, l'euphorie, l'extase suprême.

14 novembre 2007

En ce moment, j'ai une tête de chercheur fou.

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13 novembre 2007

58 ans.

 Joyeux anniversaire, ouai.

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11 novembre 2007

My boyfriend is like anyone.

Parfum exotique. On ne l'a jamais autant respiré que dans l'air du quotidien. Il n'y a rien de plus exotique qu'un banal rayon de soleil dans les lieux qu'on parcoure en semant régulièrement des traces de pas humides, parapluie en main, et la mine dépitée par le ciel grisâtre de la routine. Les plus beaux moments sont ceux de la solitude. Ceux où la pensée prend le dessus. Où l'on prend conscience de la beauté des chose et d'êtres. Et puis il y a cette simplicité, cette franchise qui étonne, ces paroles qu'on ingère sans mal, parce qu'elle sont couplées de rires à se tordre, de rires plus humains, plus necessaires et vitaux que tout. Les flots de paroles, de petites corolles qui chatouillent nos âmes ; une ombre avenante, voire amicale, et les voilà sublimées.

La solitude hivernale s'installe, rythmée par quelques soirées de fous rires. "Re-POSE le Totem Dianne. Repose le totem. PUTAIN tu vas le reposer oui ??!!! " "Sympa Fanny, ta danse du totem".  "I comme ? immoral ? Ah nan, moi j'aurais dis itoris". "Un car de singes? C'est quoi ça ?"  

L'angoisse de la Playlist, qui est un condensé humain, ces notes qui régissent notre mince quotidien. Une harmonie vibrante, qui suffit à nous rappeller des mois entiers. L'Ipod est la pensine du monde moderne qui nous permet de nous embuer de reminescences, de rejoindre jusqu'à notre jeune adolescence, la vie écoulée, le temps passé et regretté.

(Ou quand l'expression "adorer" prend tout son sens ... )


Patrice, Sunshine 

 

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