15 novembre 2007

Chronique anodine sur le frisson. Essai sur un coeur vacillant.

Des pas que j'ai dû incruster, graver dans le bitume, à force de le chatouiller quotidiennement, dans la plus exquise monotonie. Ce chemin qui se repète, en boucle, comme on enclencherait un mode "marche arrière" de camescope. Avancer, puis revenir au point de départ, quoi de plus lassant. Ce rembobinage a dû me faire user des dizaines de paires de chaussures depuis, et faire émaner de moi suffisamment de stress pour fournir à la planète l'énergie qu'elle requiert. Cette rue qui chaque jour prend des couleurs différentes, qui m'a vue déprimée comme heureuse, enjouée comme pâteuse. Rue des Maraîchers, vingtième arrondissement de Paris ; petite rue, longs trajets.
Le froid tangible et narquois se vivifie de jours en jours ; je bous d'impatience, transplaner, je ne peux plus attendre, je brûle, le froid, aussi vif soit-il, m'est ridiculement insignifiant. Je le veux, à mon oreille, je veux ses mots, assouvrir cette frustration, rire de ses confessions, rire tout court, écouter, juste par illusion de présence, juste pour ce contact mirifique, et néanmoins sournois. Je brûle, mes pas sont sourds, j'observe d'un oeil furtif, aceré, les passants flâneurs, mon cerveau est en ébullition. C'est l'impatience extrème. L'homme est devant moi, il est enveloppé dans ses cuirs bruns. J'observe sa demarche, nonchalente et calme, sereine. Et moi, j'ai une marche quasi mécanique, je suis au bord de l'explosion. Ses épaules se balancent de droite à gauche, de gauche à droite ... Ses épaules ... Tel ce métronome dans ce chaud salon d'enfance ... tel le balancier d'une vieille horloge de bois massif, de celles qui garnissent les logis de grand mère. Ses épaules basculent frénétiquement d'un côté à l'autre, je suis fixée sur ce balancement, il m'observe, ce temps. Son allure, les secondes qui filent et fusent. Et ses pas gagnent un rythme plus soutenu, ils quittent le bitume de mes matins pour apporter leur chagrin sous terre. Je poursuis mon chemin, rentre dans le hall marbré de l'immeuble et me rappelle combien il faisait froid, dehors. Je suis en haut, mes mains tremblent, j'ouvre la porte, fébrile. Le combiné, et j'explose. Le bonheur, l'euphorie, l'extase suprême.

Commentaires

Tu as souvent reproché aux gens de passer sur ton blog sans jamais laisser de commentaires alors je me lance et j'espère que bcp d'autres vont me suivre parce que bordel CA EN VAUT LA PEINE

Le fait de te connaitre de plus en plus me permet en prime de te comprendre, certe ça n'a pas tjs été facile, j'ai souvent ramé mais comme je te l'ai souvent dit un mystère, un defi, de la reflexion, ... quoi de mieux pour enrichir une vie et lui donner un sens. Tu es comme ça et c'est ca que j'aime chez toi : ton caractère, ton corps, ta voix, ... pour faire plus rapide , TOI sous tous tes angles et tes facettes, TOI à tous moments du jours comme de la nuit. Souvent tu m'as dis "Mais qu'est ce que je peux changer ?", "Qu'est ce qui ne te plait pas en moi ?". Personnellement j'ai beau y reflechir et je ne vois tjs pas ce que je peux repondre.

Alors voila je compte sur vous tous pour faire comprendre à notre ButterFan qu'elle est super douée.

Aller "à ciao bonsoir"

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Ecrit par : YKW ... ... | 18 novembre 2007

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