17 septembre 2007

Onde euphorique (Version 154.5)

De là à se quitter, l'extrême devra être plus poussé. Mais là c'est différent, je n'étais pas censée venir ici. Il fallait pourtant partager cette exquise euphorie, encore, cette transe qui s'apparente à un délire opioïque, cet excès dopaminique. Je vole, sans m'écraser. Le pavé dans la gueule n'est pas venu. Mon seul ennemi est moi-même, je suis mon propre enfer. Mes ailes glissent dans la douce matière nuageuse du bonheur, de la prose des désirs inassouvis, ceux qui nourissent généreusement l'homme. La vitesse rosi mes joues, les balafre. Je ferme les yeux. Je l'écoute, j'écoute -M-, Matthieu Chédid. Et c'est comme Jacques Brel, cette sensualité qu'on explique pas. Comme tout ; ce que l'on ressent que l'on explique pas. Mes mots en vracs, ce vague reflet d'une transe sans conteste, celle qui donne aux Magnolias de la terrasse des allures de danseuses, et perchées le long de la rembarde, observant de haut ces brins d'herbes désinvoltes et illégitimes. C'est Roméo et Juliette. Le monde qui s'aime contre son gré.  Ce regain d'énergie  qui refait surface fréquemment, qui me rappelle comment vivre, qui m'apprend encore, et chaque fois qui je suis, qui je veux être. Parce l'homme heureux est celui qui désire. Qui désire seulement. Celui qui s'oublie, mais qui fait de tout son désir, sans se l'approprier, en l'appréciant simplement, par la jouissance de sa vue, de son contact. Evidemment que le bonheur est intérieur, qu'il est cet horizon qu'on atteint par l'esprit. Et réfléchir, encore réfléchir, sacraliser tout ce qui est, bonnifier la banalité. J'y songe. S'entourer, braver le futur, le narguer. Ces deux personnages antagonistes qui s'affrontent en moi, qui brisent la nonchalence du quotidien, moi, cette folle inconstance, et ce plaisir infracturable de vivre, de voir le monde, de les aimer, et de changer, changer.

C'est con, mais merde, qu'est-ce-que c'est intense.


Commentaires

Va falloir que tu me dises ce que ça représente parce que là... hum... j'vois un enorme poulpe en premier plan et deux têtes derrière lui! A moins que, ce soit un martien...
XD

Ecrit par : Mouton | 18 septembre 2007

J'adore ta manière de passer d'un sujet à un autre sans que ça se sente. Et puis tout d'un coup on se dit "tiens, on a changé de sujet ..." et on se rend compte que ça fait déjà quelques lignes que le changement c'est opéré, imperceptiblement ...

Ecrit par : Matthieu | 04 novembre 2007

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