20 août 2007

Sat naked on the beach

What I want by fire - Bob Sinclar

Les bras croisés sur sa poitrine offraient à ses mains gelées deux hanches rondes auquelles s'agripper. Son corps avait comme diminué, et telle la foule qui s'étouffe et s'atrofie pour assister au spectacle, lequel elle espère satisfaira son besoin d'engouement et fera jaillir en elle ce cocktail d'émotions dont elle a perdu la recette, ses membres s'écrasaient les uns les autres, tous joints sur les quelques centimètres plans d'abdomen rejetés sous sa poitrine. Elle avança dans la gare vide, emplie d'un air glacial. Sa gorge était, à l'échelle sociale, l'élement de sacrifice qui se laisse mutiler, par cet air froid et déchirant qui s'introduisait en elle chaque fois que ses poumons le réclamaient. La solitude, l'hostilité du climat, et ses membres engourdis ne tardèrent à chanceler. Et déjà, un sentiment de bien-être s'empara d'elle, elle tressaillit. Une anodine scène de froide matinée d'hiver, et tout un corps réunissait à lui seul le panache d'émotion que l'homme cherche trop ailleurs. Ses pieds gelés la firent s'asseoir sur un vieux banc ; elle vit arriver unes à unes les paires de jambes raidies qui traversaient ce quai de gare bitumé. Alors que son regard s'éleva jusqu'a voir les visages qui accompagnaient ces tristes articulations, elle songea combien leur perception était infirme pour qu'ils fussent si dénués d'enthousiasme. Ces mines moroses l'emplissaient de joie et réchauffaient ses sens, et plus les minutes, rythmées par ce défilé de pantins aigris, s'écoulaient, plus elle sentait en elle s'intensifier ce flot de sentiments dont l'explication ne se trouve pas, et qui suffisent à réchouffer un corps. Son regard s'éveilla, contrasta avec ses membres flétris et froissés, il prit une expression qu'on pu qualifier de méprisante, fière ou suffisante ; mais qui n'était qu'incarnation de l'intelligence, elle relevait de celle de l'artiste qui cherche encore à comprendre et qui n'est jamais repu de savoir, qui voit le monde dépouillé de toute emprunte sociale, sans sens sinon celui que nos sens lui donnent. Et puis, précédé de cette voix féminine nasillarde priant de ne pas s'allonger sur les rails que personne n'écoute, le train fit cette entrée imposante, qui a toujours l'air de surprendre ceux qui l'attendent, comme si, en quelques instants, la raison de leur présence s'était déjà perdue ; on s'y hissa, les corps se réanimèrent, le temps retrouva sa vitesse usuelle étouffée par le froid glacial et chacun repris ses habitudes nonchalantes, ces petits codes qui nous font oublier que l'ont obéit aux lois du quotidien, qu'il nous a noyé dans son poison et volé nos passions.

 Comme si rien n'avait existé. Les rires sonores s'étouffent, ces sorties d'écoles, cette admiration déjà si lointaine ... Moi qui venère tant le passé, moi qui l'ai tant revisité. Comment peut-il m'échapper. Tout mon être est honteux. Tuer le temps, oui, mais tuer le passé ? C'est un supplice de Tantale que de pouvoir goûter au temps d'un être aimé mais de s'en voir privé avant même qu'il n'ai pris ce goût et cette substance que donne l'âge. Comme si rien n'avait jamais existé. Comme si ses joues rondes et ses dents du bonheur, je pouvais les oublier. Et j'ai songé que moi aussi, j'aurais 18 ans. Tous ces anniversaires qu'ils a oublié. Le jour le plus important dans le coeur d'un enfant, rayé, effacé. 17 ans de vie, et 4 ans qu'il aura oublié sa racine, son petit coeur, son chouchou, sa fille. Et un chiffre s'est heurté à mon encéphale glacée. 10. 10 mois. 300 jours. 300 jours putin, que je l'ai perdu. Mon géniteur, 300 jours que je ne l'ai pas vu sourire, 300 jours que je ne le vois plus m'aimer. 300 jours, et j'ai perdu ma moitié. 300 jours, parce que je l'avais trop aimé.

 Monaco3, soon ..

Commentaires

"Though you were dead..." (Snake Plissken). Non, je ne suis jamais en vacances (ou tout le temps c comme on veut...). Je ne comprends pas où est le dilemme, car moi aussi je fuis le gore et le trash. Si tu fais référence à mes derniers articles... alors considère que je suis à côté de la plaque (ce que je pense aussi). Et puis je pense avoir été clair: j'arrête d'écrire (repent buddha continuera peut-être à ma place... mais ce sera dans le trash!). Oh merde! Le cercle rouge reprend. Bon... je... non rien.

Ecrit par : repent buddha | 21 août 2007

Putain, depuis 3/4 d'heures j'arrive pas à regarder le cercle rouge tranquille (je l'enregistre en mm temps, cela va de soit...). D'abord, voilà que tu refais surface (tu sais combien je te déteste...); ensuite, voilà qu'un ami m'appel pour me dire qu'il a laissé ses clefs chez lui et qu'il n'a pas dormis depuis 48 heures... Naturellement je refuse de l'héberger et l'envoi chier! (non, évidemment je l'accepte, dans mon infinie lymphatisme, je suis le premier exploité!). Puis voilà que 3 minutes après, son copain qui n'avait pas donné signe de vie depuis 48h m'appel à son tour pour me dire qu'il rentre de Pigalle avec les clefs (les clefs du mec qui pionce en ce moment mm chez moi, tu suis? Pq c lui qui les avait en fait, tu vois? Quoi, faut t'faire un dessin? Mais tu pige rien à rien bordel!!!) Bon j'continue... Alors à ce moment je m'énerve (non je déconne... je lui propose de venir dormir ds la chambre de mes parents!). Mais là il me dit qu'il voudrait bien rentrer chez lui pq son chat est enfermé seul ds sa piole depuis 48h. Alors je fais le déplacement (bon, 500m c pas la mort). Et là, je le vois avec 2 putains sous les bras! Il me dit qu'il a tt essayer, que le pen est foutu... Je lui dis que c pas grave, qu'il peut venir dormir chez moi et qu'on appelera un serrurier demain matin. Il me dit ok. Alors il lâche ses putes (non je déconne...) et ils viennent chez moi. Et là...
Bon, pour les putes c des conneries. Mais pour les deux gogos c vraiment la merde. Ca pue l'alcool ds l'appart, j'ai plus de lit, j'ai envie de vomir et, par dessus-tout, j'ai plus envie de regarder le cercle rouge... MERDE!
Voilà. Tout ça pour dire que... faute d'appeler SOS matelas, je devrai dormir ds ce canapé pourri... si je ne fait rien (tu vois?). Alors je lance un appel: jeune homme noir, cheuveux roux, yeux jaunes, 1m 15, asexué, cherche jeune femme blanche, peau duveté, forte poitrine, ne ronflant pas, uniquement pour relation pionçales. Merci.
Sinon, pour les videos, il s'agit de la trilogie de l'Apocalypse par J.Carpenter (dont je suis tombé "amoureux", tu sais ce que sais...). Et pour "Is it reality", c encore plus fun si on clique dessus.
Au fait...

Ecrit par : repent buddha | 22 août 2007

Merd g fée plain 2 fôtes. Je sombre. Je... dors... je rêve... je rêve de...
A jamais!

Ecrit par : repent buddha | 22 août 2007

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