04 juillet 2007

Mélancolie printanière ...

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Un monde en animation : soixante six pieds dansants, trente trois bouches articulant, une centaine de doigts crispés, traçant machinalement mille lettres et mots et pourtant, pas un bruit. Les professeurs sont muets, le silence est complet. Seul un son est audible, et parvient à pénétrer ce motus insolite : l'écoulement fragile et candide d'une larme. Un relief nasal, puis des lèvres d'ors et déjà humides, jusqu'à s'écraser sur une table ascétique. Comme quoi, les sensations ne sont pas maîtresses d'elles-mêmes ; cacophonie peut-être muette. Tout a perdu son objectivité, rien n'aurait jamais dû être classifié, organisé, rangé, casé. La société est ridicule, elle pullule de monstres et de princesses, tous aussi faux et artificiels que n'importe quelle fleur en PVC, l'utilité exclue. Le rationel n'est plus de ce monde, l'humain s'est détruit, noyé dans une couche de superflu, d'artifices. On en a trop fait, l'homme ne sait plus qui il est, ni pourquoi il vit ; tout a perdu de sa chair, de son instinct ; nos ventre son repus d'égoïsme, et nos yeux brûlés d'hédonisme.
Ce jour, les souvenirs sont rigides, et le soleil insipide. La végétation renaît sans passion. Une mine dépitée reflète ce bonheur laceré. Les larmes font leur chemin dans le brouhaha buccal environnant. L'hiver a jeté sa mélodie doucereuse pour un printemps à l'atmosphère fumeuse.