11 juillet 2007

Anarchisme nocturne

Lorsqu'un cadeau que l'on vous fait, à savoir ici l'existence, est aussi éphémère, fragile, qu'un insecte volubile, on se doit de prendre soin de l'étudier. Les normes, cette rationnalisation de l'irrationnel, cette atteinte à l'intouchable, censées harmoniser l'humanité, n'ont fait, finalement, que façonner des hommes simples, trop simples, et blasés ; on assiste à une société assoifée, parce qu'elle ne s'est abreuvée que de son propre jus : sec, insipide et contaminé. Sérieux manque d'imagination. Mais qui peut être désabusé du merveilleux ? Les normes ont fait de la vie un animal errant, puant et repoussant, que l'on regarderait d'un mauvais oeil, d'un air sceptique ; elles ont fait de Dieu un individu prosaïque et des fleurs une déesse asservie. Les normes sont arrivées avec leurs massues géantes et ont fait de la délicatesse vivante une nature banale. Si l'on dit que l'aveugle voit, ce n'est point pour sécher des larmes. Il voit parce que la vue, assujettie par le corps social, l'homme ayant fait de l'image son pouvoir, n'a pu faire de lui un pantin béa ; elle lui a fait grâce de multiples voyages dans divers mondes et sphères inhérents à la fougue vivante. C'est parce qu'en lui se sont crées plusieurs définition de la vie, qu'il fut seul à la réellement côtoyer : il a laissé tant son imaginaire et ses utopies que ses autres sens fabuler et exister, eux aussi.