12 juillet 2007

A celle qui se reconnaîtra

84fafa499991db47ad09a86dc6e1a8e4.jpgMon ventre pleure, mes yeux se noient dans leur hilarité. Mon corps fond tandis que mon âme se glace. Il fait chaud, et je brille d'illusions. Je crie d'espoir, et pourtant on n'entend que les implorements d'impitoyables sentiments ; ils me supplient de cultiver ce prosaïme, de résister aux sollicitations pétulantes, ils exhalent toutes sortes de tribulations et s'attachent à nouer un ventre qui me semblait inflexible. C'est le délire humain, cette chose saturée de paradoxes, de désirs et de craintes, d'engouement et de pusillanimité. Quelques heures intemporelles et je disposais d'un éventail d'existences, d'un panaché d'avenirs, et de projets par milliers, je suis redevenue maîtresse de moi-même, de mon présent et de mon futur. Je me retrouve à l'affût du moindre détail ; de la simple note aux pluies mirifiques, un rien m'exalte. Je suis bercée par une rage de vivre apesante, abusée par mes larmes de joie et j'explose de passion. Je suis une flamme d'ambition face à un béton impassible ; et je brûle d'émotion laissant derrière un passé risible. Je vis, bordel. Je me sens. Je me sens vivre. Je respire. Je. Respire. Et-je-suis-heureuse. Il était temps de recueillir ce passé et de l'asservir, d'en faire sujet de ma passion, de le condamner à n'être plus qu'un passé heureux, simplement heureux. Je le repète, je le repète encore et encore, ce mot qui par pulsions m'exalte le flanc, d'un chatouillement s'apparentant à une flagellation qu'on m'administrerait, comme s'il était question d'une vérité qu'il me fallait confesser, comme si c'était une confidence gardée si intimement qu'elle se serait égaré dans une âme sinueuse et impénétrable. Ce mot : bonheur. Mon corps s'adonne à m'éperronner d'une régularité stimulante. Le bonheur m'est incorporé par à coups vifs, par contractions ventrales, par sanglots béats, des sanglots d'euphorie, de joie ; il s'imprègne en moi, me donnant de cette frénésie enthousiaste, et une véhémence confiante. Je m'en vais vivre, et sans l'appui de quiquonque. Je vivrais par moi-même, et heureuse. Qui m'aime me suive.